Un air de Cronulla Riots pour l’ANZAC day

Cette semaine, en Australie, on commémore le centenaire des troupes l’ANZAC. Toute la semaine, au rythme des expositions, des défilés et de la retransmission audiovisuelle, les Australiens reverront l’histoire de leurs courageux combattants, conquérants du monde libre face à l’envahisseur Ottoman. Sur fonds de menace terroriste, de montée de l’islamophobie et de départ de nouvelles troupes en Irak, les Australiens ne pourront s’empêcher de rapprocher leur passé a leur présent.

C’est sur toutes les ondes et dans tous les journaux: pour l’ANZAC Day, jour de rassemblement national, les terroristes guettent.

Les médias diffusent massivement les images du démantèlement d’une présumée cellule terroriste de Melbourne qui préparait des attentats pour l’ANZAC.

Abbott voit là une occasion de démontrer sa virilité: il boit sa bière cul-sec dans une vidéo qui fait le buzz et appelle dans une déclaration officielle les Australiens à participer en masse aux cérémonies ce week-end.

Mais les ennemis sont ils vraiment ceux que l’on croit ? Le matraquage médiatique de faits divers et la mise en tension de la population rappellent l’année 2005 ou une fête de quartier avait tourné en émeutes raciales, alcool aidant.

Il y a beaucoup plus de présomptions que de preuves réelles d’actes terroristes, principe de précaution oblige. Depuis les attentats du Lindt, on constate une très forte montée de l’islamophobie. Il suffit de se rendre sur la section commentaires des principaux journaux pour s’en rendre compte.

La montée en puissance d’un mouvement ouvertement anti-Islam, Reclaim Australia Rally, qui compte a ce jour 26.000 likes sur sa page Facebook en est la meilleure preuve. Ce mouvement coordonne les manifestations anti-islam dans les grandes villes et sa ligne idéologique est la suivante : « la cohabitation islam/occident est impossible ». Ses revendications, qui sonnent comme des revendications politiques, sont entre autres l’interdiction du voile, de la charia et de la nourriture halal.

On ne peut s’empêcher de voir les récents événements comme une répétition à plus grande échelle de ce qui s’est passé a Cronulla. L’ANZAC Day, comme toute fête nationale, est avant tout une beuverie. Une nation ivre et terrorisée, chargée de la fierté de ses feus ancêtres, a toutes les raisons de perdre les pédales.

Cette semaine, 300 troupes supplémentaires de l’ANZAC sont envoyées en Irak, portant à plus de 33.000 le nombre de troupes qui y ont déjà servi. Comme si 100 ans plus tard rien n’avait changé.

Heureusement, une exposition de Sydney contraste avec ce climat belliqueux, Remembering Gallipoli au Customs House Library. L’exposition juxtapose les photos des troupes Turques à celles de l’ANZAC, et rappelle que finalement, le peuple sort toujours grand perdant de la guerre.

Gardons cela en mémoire pour l’ANZAC Day et quand on sera au pub, à se demander pourquoi les anciens combattants défilent sous la pluie, on entonnera joyeusement « The Band was playing Waltzing Matilda ». Pour célébrer la paix.

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