Hyde Park, Sydney – YININMADYE : le nouveau monument qui déchire

Le Hyde Park de Sydney ne devrait pas tarder à être rebaptisé musée de la guerre. Après les divers canons historiques et le mémorial des troupes de l’ANZAC, c’est au tour d’une érection de quatre balles de mitraillette géante (a l’échelle 100/1ème) en cachant trois autres rouillées et allongées de faire son apparition sur un parterre en forme de boomerang pavé de… boomerangs.

On ne peut pas rater ce nouveau monument grandiose et martial qui trône dans la City de Sydney et baptisé YININMADYE Thou Didst Let Fall.

Monument aux morts ? Pas tout à fait. On peut y lire la phrase : « Au souvenir des morts et à la gloire des vivants » qui résume bien l’intention de l’artiste.

Le monument célèbre les Aborigènes qui ont combattu pour l’Australie. Ceux qui sont revenus et ceux qui sont tombés au combat avant qu’ils ne soient eux-mêmes reconnus citoyens australiens. Pour rappel, ce n’est qu’en 1967 que le peuple natif d’Australie s’est vu octroyer la nationalité australienne, quand 90% de la population s’y est montrée favorable par référendum.

La ville de Sydney a subventionné l’artiste Tony Albert d’une somme de 500.000 AUD pour son travail. Il faut dire que Tony Albert sait de quoi il parle puisque son grand-père était un des aborigènes engagés volontaires pour la 2nd guerre mondiale, fait prisonnier en Lybie et par la suite transféré en Italie. Les balles représentent les 6 compagnons de cellule d’Eddie Albert, dont 3 sont morts avant la libération.

L’œuvre, qui évoque le mémorial de la Shoah de Berlin, n’est pas pour plaire à tout le monde puisqu’elle rappelle les heures sombres et pas si lointaines de l’Australie.

L’assimilation des peuples Aborigènes reste encore l’un des principaux enjeux du gouvernement Australien et on ne peut s’empêcher de voir dans ce monument un message politique que chacun aura la liberté d’interpréter. Certains y voient une reconnaissance historique nécessaire a la réconciliation, d’autres un instrument de culpabilisation.

Espérons que cette œuvre couteuse faite de bronze et d’acier, qui déchire mémoire et opinions, résiste au temps et aux dégradations.

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